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Électricité De France choisit « No future » pour l’humanité...




Par Marc Saint Aroman des Amis de la Terre Midi-Pyrénées

Le démarrage des réacteurs français s’est effectué, sans débat démocratique, sous l’impulsion d’industriels (forges, mines, turbines... ) qui ont placé, en 1974, Valéry Giscard d’Estaing, un énarque passé par polytechnique, à la présidence de la République française (www.nuagesansfin.info p52 ) : 45 ans plus tard, nous vivons une situation qui rappelle singulièrement cette époque mais plus étendue encore de la part des industriels et des financiers avec la mise en place d’E. Macron et de son premier ministre E. Philippe, ancien dirigeant d’Areva. Toujours sans débat démocratique, EDF et l’État ont imposé un rafistolage coûteux et intensif des réacteurs français... pourtant des pièces majeures pour la sûreté ne seront simplement pas changées car, de l’aveu même de l’Institut de Recherche et de Sûreté nucléaire, elles ne peuvent pas l’être !... Dans la continuité du dictât nucléariste, nous apprenons par un article du Monde du 14 octobre 2019 que l’État et EDF viennent de signer un accord pour la construction de six EPR.

Un allongement de service des réacteurs français décidé unilatéralement par EDF

Alors que le contribuable détient 83 % d’EDF, l’électricien lance ce qu’il nomme pompeusement le « grand carénage ». Les documents du début de l’ère nucléaire évoquaient une durée de fonctionnement des réacteurs français de 25/30 ans. La moyenne d’âge de nos réacteurs est aujourd’hui de 35 ans depuis leur première divergence. EDF prétend s’appuyer sur l’expérience américaine pour prolonger les fonctionnements jusqu’à 60 /80 ans. Même si l’autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC) accorde généreusement des prolongations de licences, aucun refus jusqu’à ce jour, des opérateurs privés arrêtent leurs réacteurs car l’entretien leur coûte trop cher. Le dernier exemple concerne le réacteur n° 1 de la centrale de Three Mile Island qui disposait d’une licence de l’autorité qui lui permettait de fonctionner encore 22 ans : l’opérateur l’a définitivement arrêtée en septembre 2019. Rappelons que la centrale, qui s’était rendue tristement célèbre suite à la fusion du cœur du réacteur n°2 en 1979, fût à l’origine du film « le syndrome chinois » avec Jane Fonda, qui révolutionna la perception du nucléaire en Amérique.

Une « durée de vie » des réacteurs qui était techniquement bien encadrée

Selon Techniques de l’Ingénieur, « le circuit primaire est prévu pour résister, sans dommage, à 200 montées en température à la vitesse de 56 °C/h » (degré Celsius par heure). Dans le fonctionnement des réacteurs, ces données sont régulièrement enfreintes. EDF et la DRIRE, interrogées il y a une vingtaine d’années sur un problème de montée intempestive et brutale de la puissance d’un réacteur à Golfech, n’ont pas su préciser de combien de temps de fonctionnement le réacteur avait été amputé. Dès lors, devant la volonté d’allongement de service et de la menace faite à l’humanité liée à leurs vieillissements, il devient à minima obligatoire pour EDF, de fournir au public la « carte de santé » de chacun de ses 58 réacteurs : tous on été affectés par nombre d’arrêts d’urgence, de dépassement de limites de puissance, d’accélération ou de baisse de puissance trop rapides...

Un vieillissement des composants qui fragilise les installations et menace l’humanité

Les réacteurs n°2 et 3 de Fukushima ont résisté au séisme terrible de 2011, pas à la perte d’électricité qu’a engendré un peu plus tard le tsunami. Le réacteur n°1 pour sa part, vieux de 41 ans, a vu son circuit primaire se rompre dès le séisme ! Suite aux conditions extrêmes qui règnent dans un réacteur : fortes températures, hautes pressions, niveaux de radiations élevés, les métaux se fragilisent et subissent un vieillissement accéléré. Ils perdent leur élasticité et peuvent se rompre brutalement comme du verre, libérant une radioactivité terrible dans les bâtiments puis dans l’environnement. De telles contraintes physiques n’existent dans aucun des secteurs industriels et, même dans la chimie, leur niveau n’est pas aussi élevé : pourtant rares sont les industriels qui poussent leurs installation au delà de 30 ans comme le font les atomistes car cela veut dire des coûts importants suite à un excès de maintenance et un accroissement des problèmes de fiabilité.

Des réacteurs qui restent dangereux même rafistolés

Le précédent directeur de l’Autorité de Sûreté Française, Claude-André Lacoste, précisait lors d’une audition au Sénat qu’aucun des 58 réacteurs en service en France ne recevrait d’autorisation de première mise en service. Même rafistolés, aucun d’entre eux ne répondra aux exigences actuelles en matière de sûreté. L’EPR, prétendument affublé de toutes les protections nécessaire à résister à toutes les sinistres catastrophes qui ont jalonné l’histoire atomique, ne répond pas aux exigences ! Nous citerons le « retour d’expérience » de la catastrophe de Fukushima ou l’augmentation de la distance entre le cœur du réacteur et la salle de commande est impossible aujourd’hui à réaliser : en cas d’accident les personnels doivent pourtant être en sécurité pour gérer l’impossible !

Des travailleurs invisibles fortement irradiés

Les travaux sous rayonnement impactent fortement la santé des travailleurs et plus les réacteurs vieillissent et plus la radioactivité pénètre dans les éléments d’une centrale contaminant encore davantage les ouvriers. La radioactivité frappe intensément ces travailleurs lors des remplacements de gros composants et ils iront accroître la cohorte des victimes des du nucléaire. Pour montrer que statistiquement rien il ne se passe dans ses centrales, EDF, avec la complicité de médecins peu scrupuleux, va continuer de comparer les taux de maladies des rares travailleurs irradiés pris en compte - les intérimaires et sous-traitants étant exclus d’office – à celui de toute la société, enfants et vieillards compris : cette astuce de comparaison de cohortes sans aucun rapport - des personnes à la force de l’âge comparées à un large éventail du berceau à la tombe - permettra d’effacer tout signe d’augmentation de problèmes sanitaire. Très rarement, les maladies professionnelles du nucléaire sont prises en charge par les industriels, pourtant responsables, et ce sont les contribuables qui sont grugés deux fois : ils financent le « grand carénage » et, en prime, ils règlent la facture des irradiés de la filière atomique sur leur régime général de soin.

Un milliard six cent millions d’euros de rafistolage pour des deux seuls réacteurs de Golfech : que pourrait-on installer en électricité renouvelable avec une telle somme, aux tarifs actuels ?

Ce qu’en dit Hubert notre spécialiste en énergies des ATMP. A lire et relire...
On peut investir dans 2 GW de photovoltaïque (PV) ou 1,6 GW d’éolien terrestre.
Comparons ces deux solutions de production EnR (énergie renouvelable) au nucléaire.
Précisons que la durée de vie des panneaux PV est nettement supérieure à 30 ans. Les onduleurs s’améliorent considérablement avec l’introduction des technologies de carbure au silicium (SiC), leur remplacement devient anecdotique.
Si on compte sur un amortissement en 15 ans du PV le prix brut du MWh ressort à 41 euro [1] proche du tarif ARENH [2]de 42 euro que l’ancien président directeur général d’EDF, M. Proglio, pleurait pour qu’il soit remonté à 55 euro. Une installation PV neuve, avec peu de maintenance, produit moins cher que le nucléaire amorti le moins cher : le nucléaire récent, pour sa part est à plus de 100 euro. Sur 30 ans le prix brut ressort à 20 euro et ne laisse aucune respiration financière au nucléaire. Et l’installation peut raisonnablement fonctionner 45 ans car la maintenance est simple. Cela fait tomber tellement bas le prix du kWh que de nombreuses solutions de stockage deviennent possibles qui atténuent grandement l’intermittence du PV. Le fait de devenir quasi autonome lance un cercle vertueux qui incite à la sobriété pour ne pas consommer plus que ce que l’on produit.
Le calcul brut mené avec l’éolien terrestre donne un MWh à 31 euro [3] mais le prix net rejoint celui du PV car il y a plus de charges de maintenance et une durée de vie inférieure, le vent ça malmène les installations. Le PV dure plus et fait bien mieux que l’éolien sur la durée.
Après plus de 15 ans de développement intense ces deux énergies ont énormément progressé et ne demandent plus à être aidées pour se faire une place. Elles agissent même carrément à la baisse sur le prix de l’énergie [4]. Ces nouveaux modes de production d’énergie ont fortement perturbé le monde de l’énergie historique et ce n’est pas fini.
Les calculs proposés peuvent sembler simplistes, mais ils sont corroborés par des tarifs contractualisés entre états et entreprises d’importance.
Les citoyens doivent faire l’effort de comprendre ce que peuvent apporter les EnR et agir afin qu’elles se développent pour le commun, et non pour des intérêts privés.

Le nucléaire pourrait-il être le sauveur du climat ?

Une urgence totale est actuellement prônée suite à l’accumulation de gaz à effet de serre. Il est sûr que personne ne pourrait démontrer que la consommation énergétique journalière mondiale est sans effet : l’humanité a brûlé, chaque jour de 2018 - 95 millions de barils de pétrole, 10 milliards de m3 de gaz naturel et 21,6 millions de tonnes de charbon...
A cette heure, près de 400 réacteurs en service dans le monde produisent moins de 2 % de la consommation d’énergie finale mondiale de l’humanité. A cette production dérisoire, Mycle Schneider rajoute, à travers son dernier rapport sur l’énergie « World Nuclear Industry Status Report 2019 », qu’avec une construction moyenne de 10 ans pour les réacteurs, ils ne pourront jamais répondre à l’« urgence climatique ». A noter également que les réserves d’uranium s’amenuisent de jours en jours et qu’il faut toujours plus d’énergie fossile pour extraire cet uranium fossile. Aujourd’hui, le nucléaire génère 66 g de CO2 pour chaque kilowattheure produit. Greta Thumberg, notre égérie mondiale du climat, ferait bien de se pencher sur cette question comme elle le fit avec le GIEC au lieu de la laisser aux spécialiste : en effet, suite à la catastrophe de Tchernobyl, la Suède fut le premier pays à être survolé par le nuage radioactif et à lancer l’alerte mondiale. Il est quasi certain que son ADN a reçu des impacts liés aux retombées du nuage. Toujours la concernant, en 2006, la centrale suédoise de Formarsk est passé à quelques minutes de la fusion de son cœur...

Au prétexte mensonger de sauver le climat, EDF impose son « No future »

Les activité atomiques mondiales font monter inexorablement la teneur de l’atmosphère en radioéléments comme le firent les tirs atomiques atmosphériques dans les années soixante. Nous retiendrons seulement de cette énorme soupe toxique le tritium et le krypton 85. L’évolution de la teneur atmosphérique du seul krypton 85, sur 35 ans est impressionnante :

Leur production est plus forte que leur décroissance naturelle suite à leur désintégration : en clair leur niveau augmente constamment dans l’air que nous respirons. Ces radioéléments contribuent à l’augmentation des maladies liées à la l’irradiation et à la contamination interne de l’humanité.

Enfin, toujours condamnant le futur de l’humanité, le choix de la poursuite du nucléaire, conduit à l’accroissement de la quantité de déchets de toutes sortes :
- les rejets radioactifs et chimiques relâchés par toutes les installations nucléaires de base directement dans l’atmosphère, les fleuves la mer – Pour sa seule part, l’usine de La Hague a relâché, chaque jour de 2018, 1830 m3 « d’effluents » radioactifs et chimiques dans la Manche (équivalent à 60 poids lourds vidangés quotidiennement),
- les déchets d’utilisation courante (vêtements irradiés, outils, chiffons...) sont simplement compressés et stockés,
- les déchets des processus en particulier tous les filtre chargé en quantité industrielles de radioéléments,
- les déchets constitués par des pièces énormes, hautement contaminées comme les générateurs de vapeur qui représentent des milliers de tonnes.
Dans ce petit tour non exhaustif, les déchets haute activité vie longue conduisent à un problème terrible pour l’humanité puisque les échelles de temps d’agressivité de ces radioéléments se mesurent en millions d’années : il y 40 ans, les atomistes prétendaient que ce type de déchets contiendraient dans une piscine olympique : aujourd’hui, le nombre de piscines qui se remplissent ne cesse de croître et, malgré des décennies de recherche et des millions d’euros engloutis, aucune solution ne se profile encore au niveau mondial... en dehors de l’enfouissement profond dont des conduites d’aération à l’atmosphère, obligatoires pour éviter les explosions souterraines, rappellerons l’humanité à leur bon souvenir avec leurs émissions mortelles pour l’éternité !
Les résistants à l’enfouissement des déchets haute activité vie longue de Bure prônaient la fermeture du robinet de la production des déchets en arrêtant le nucléaire : 22 ans après la formulation de cette revendication, une succession de politiques vassaux à l’atome ont laissé le robinet des déchets atomiques remplir les baignoires et inonder l’humanité de radiations tueuses. Pour accroître le problème, ces politiques on signé en cachette un accord avec EDF pour nous obliger à financer 6 nouveaux EPR en France : ils font semblant d’ignorer que les constats actuels sur les évolutions climatiques font que les fleuves ne pourront jamais fournir les 12,7 milliards de mètre cubes d’eau annuels à turbiner pour refroidir ces six monstres : cela représente 4 fois tous les prélèvements annuels de toute l’agriculture française ! Ces politiques font également mine d’ignorer que l’eau de la méditerranée est trop chaude pour refroidir les EPR et que la côte Atlantique, sur sa plus grande partie, est trop basse pour répondre à la menace de grosses vagues : de fait, les sites potentiels pour de nouveaux réacteurs à Blaye ou à Gravelines sont définitivement rayés de la carte.

[11600 000 000 euro/2000MWx3.6hx365jx15ans = 41 euro

[2ARENH = Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique

[31600 000 000 euro/1600MWx6hx365jx15ans = 31 euro

[4Pionnière en EnR l’Allemagne estime un cumul d’économie de 70 milliards d’euro pour son seul marché grâce aux EnR


Publié le mercredi 30 octobre 2019.