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Pollution de l’air en Midi-Pyrénées, nous sommes tous touchés !




par Rose Frayssinet et Laure Teulières

Depuis le classement de la pollution de l’air comme cancérigène avéré par le Centre International de Recherche Contre le Cancer, il devient plus difficile de se voiler la face sur l’impact sanitaire majeur de ce problème. Or, la France ne respecte même pas les normes européennes de qualité de l’air ! Les alertes aux particules ont d’ailleurs fait la Une des médias avant Noël (76 départements en alerte). « 12 millions de Français vivent dans des zones où les limites annuelles d’émission de particules PM10, extrêmement nocives pour la santé, sont dépassées. 60 % de la population est exposée à un air dégradé » (Le Monde 14/12/2013).

Qu’en est-il en Midi-Pyrénées ?

Du 28 novembre au 18 décembre, 30 dépassements de seuils pour les particules en suspension (PM10) ont été relevés par l’ORAMIP (Observatoire Régional de l’Air de Midi-Pyrénées), entrainant 26 procédures d’information du public et 4 procédures d’alerte. Il ne faut pas croire que seules les communes de l’agglomération toulousaine sont touchées par ces pics de pollution : 7 de nos 8 départements sont concernés, seul l’Aveyron est épargné. Les 4 procédures d’alerte concernaient d’ailleurs les Hautes-Pyrénées (Lourdes et Argeles-Gazost) ainsi que Castres.
Voir tout cela, ainsi que les résultats actualisés et les recommandations officielles, sur le site de l’ORAMIP ou au 05 61 15 42 46.
Pour les informations sur la santé : AIR-SANTÉ au 05 61 77 94 44.

Et l’action politique ?

La Commission Européenne pousse désormais les États à agir, la cour de justice de l’UE les menace de sanctions financières. Mais la France préfère continuer à sacrifier la santé de ses citoyens. Le choix du Diesel (émetteur de particules fines), qui a installé le parc auto le plus dieselisé du monde, est dramatique. Les autorités font le service minimum, délivrant en cas de pic des « recommandations sanitaires » qui demandent aux principales victimes (enfants, personnes âgées ou malades) de limiter leurs activités ! Quant au ministre de l’Écologie, il s’est contenté de déclarer nécessaire d’étendre le dispositif de circulation alternée à l’ensemble des polluants règlementés. On sait que le problème ne vient pas des seuls « pics », mais également de la pollution de fond, très nuisible à la santé. On sait que les procédures d’alerte sont inadaptées. On sait que le seul moyen est de s’attaquer à la cause principale : la circulation routière débridée. Où sont les mesures fortes, indispensables, urgentes ? Dans d’autres pays d’Europe (déjà plus de 200 villes), des zones de protection de l’atmosphère ont été créées, avec accès restreint des véhicules, interdiction des plus polluants. En France... rien. Que font ici nos maires, à Toulouse, à Tarbes, à Albi, à Castres, à Lourdes... pour protéger la santé des populations ? Que les habitants profitent de la campagne électorale à venir pour exiger des réponses !


Publié le mercredi 22 janvier 2014.