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Avis sur les aménagements ferroviaires du Nord Toulousain (AFNT)




Contribution à l’Enquête publique pour la demande d’autorisation environnementale d’Aménagements Ferroviaires du Nord Toulousain (AFNT)

Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées donnent un avis défavorable.

Certains d’entre nos concitoyens élus, mandatés ou pas, se diront que nous sommes contre tout puisque chaque fois nous contribuons, notre avis est négatif.

Nous préférerions avoir le temps de contribuer à des projets porteurs d’espoirs et de prise de conscience car chaque impact négatif sur notre biodiversité a des répercussions globales sur l’état de notre planète. Sans parler de la biodiversité, certains humains en pâtissent déjà.

Alors sur ce projet rien de très réjouissant peut-être même que le niveau de dénis de démocratie est plus évident. Un mois de consultation dans la plus grande discrétion, toujours plus de documents à lire et à décrypter d’un œil expert sous peine de ne rien comprendre, une autorité environnementale ne pouvant rendre d’avis, c’est indécent.

Vouloir amener un TGV à Toulouse alors que les trains du quotidien font défaut et que les citoyens sont appelés à prendre de plus en plus les transports en commun pour leur déplacement domicile-travail, ne fait pas sens. Qui se déplacera au quotidien avec un TGV, hormis des hommes d’affaires ? Ce n’ est sure ment pas d’un intérêt impératif public majeur que de favoriser une catégorie de voyageurs. Il se pourrait même que pendant les travaux les lignes du quotidien soient impactées négativement. Ce qui serait évidemment contre-productif et surtout pas d’intérêt public.

Mais au-delà de ce fait, plusieurs volets de ce projet sont d’ores et déjà considérés comme nocifs pour le climat :

 l’artificialisation des sols que cela va induire,
 la destruction de zones humides, remarquables, forestières ou agricoles (plus de 6000 ha sur la totalité du projet de LGV).
 Les gaz à effet de serre produits durant les travaux, le déplacement des matériels et matériaux par camions pendant des années qui ne seront jamais compensés
 L’impact carbone des millions de tonnes de remblais à déplacer
 Nuisance pour les riverains des travaux qui n’auront aucune compensation et devront payer les taxes liées à ces travaux comme les autres
 Compensation de la biodiversité détruite, impossible.
 Absence de programme environnemental de l’ensemble du projet AFNT / GPSO…

Sur le faible report modal de la voiture vers le train

SNCF Réseau veut réaliser les Aménagements Ferroviaires du nord-toulousain (AFNT) pour permettre l’arrivée à Toulouse d’une LGV.
Le projet n’a pas été étudié pour s’intégrer dans le projet global du RER toulousain. Le projet ne favorise pas vraiment la création de diagonales RER par Matabiau qui seraient très utiles aux habitants de l’agglomération non toulousains.
Ainsi, ce projet ne bénéficie pas à l’environnement en ne permettant pas un report modal vers le train des transports du quotidien de l’agglomération toulousaine.
Alors que 75% des trajets Toulouse-périphérie se font en voiture, c’est une urgence, tant en terme de transport que de réduction des émissions de gaz à effets de serre.
D’autre part, pour son coût à 700 millions d’euros, ce projet apporte peu d’avantage en termes de déplacements et d’émission de gaz à effet de serre pour l’agglomération toulousaine.

Sur l’absence inacceptable d’avis de l’Autorité Environnementale

Dans son attendu, l’Autorité environnementale indique “les réponses pour de nombreux items du code de l’environnement sont obsolètes ou incomplètes”.
Alors que l’augmentation des capacités de la gare de Toulouse Matabiau est au cœur du développement du train en région toulousaine, l’Autorité environnemental écrit que :
“la gare de Toulouse Matabiau, historiquement partie du projet AFNT comme gare terminus et PEM, est absente du périmètre du projet.”

L’Autorité environnementale constate que le dossier est obsolète à plusieurs reprises :
“Alors que presque dix ans se sont écoulés depuis l’étude d’impact initiale, aucune mise à jour n’a été fournie pour l’analyse de l’état initial à l’échelle globale du projet.”
« Aucune des évolutions législatives et réglementaires relatives aux différentes thématiques environnementales n’a été recensée ni prise en compte ».
“Alors que de nombreuses variantes ont été analysées par le maître d’ouvrage tout au long de la conception du projet, elles ne sont ni présentées ni analysées dans le dossier. “
“l’analyse du développement éventuel de l’urbanisation est extraordinairement pauvre.“

Enfin l’Autorité environnementale constate l’absence d’étude environnementale sérieuse :
“32 espèces protégées d’oiseaux, pourtant nicheuses sur la zone d’étude, sont considérées à enjeu spécifique et contextualisé « faible ».”
“deux habitats naturels déterminants de Znieff, à enjeu spécifique « fort », sont déclassés uniquement du fai t de leu r état de conservation moyen ou mauvais”

L’Autorité environnementale n’a pas pu rendre son avis.
Les conclusions de l’étude d’impact ne sont donc pas acceptables. Elles doivent être réécrites et soumises à l’Autorité Environnementale. L’enquête publique doit être suspendue.

Conclusion

Ce projet ne répond aucunement à l’urgence climatique, tant par ses impacts directs sur l’environnement, que par son coût financier qui amputerait le budget public nécessaire au développement des alternatives à la voiture dans les trajets du quotidien.

Les Amis de la Terre demandent aux commissaires enquêteurs de suspendre l’enquête publique tant que l’Autorité environnementale n’a pas rendu son avis, ou de donner un avis défavorable en ce sens. Le respect de la loi est une exigence pour une enquête publique sereine.

Le projet ne peut être accepté tant que l’Autorité environnementale n’a pas rendu son avis. C’est une exigence démocratique.

Pour les Amis de la Terre, le projet doit être revu pour mettre les enjeux d’un futur RER toulousain au cœur du projet.


Publié le jeudi 7 décembre 2023.