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Nucléaire et indépendance énergétique : importation d’uranium, pollutions des mines




Article de Marc Saint Aroman.

Extraction et concentration de l’uranium

- L’uranium fossile : en 2019, la production mondiale d’uranium s’élevait à 54 000 tonnes. Elle provenait à 57 % de la lixiviation in situ – dite « ISL » sur le principe des gaz de schistes, sans doute en pire -, à 36 % de mines souterraines et à ciel ouvert et à 7 % d’exploitations donnant une co-production d’uranium avec d’autres minerais.

- La France importe tout son uranium : depuis l’an 2000, tout l’uranium utilisé dans les réacteurs français est d’origine étrangère : de 2005 à 2020, les 138 230 tonnes d’uranium naturel importées provenaient : du Kazakhstan : 20 % - d’Australie : 19 % - du Niger : 18 % et d’Ouzbékistan : 16 %... [1]

- Produits chimiques utilisés : dans les mines ISL australiennes, l’oxydant utilisé est le peroxyde d’hydrogène et l’agent complexant l’acide sulfurique pour donner du sulfate d’uranyle. Alors qu’elle est très contaminante, la production d’uranium naturel n’est pas très documentée. Voici un exemple rare et concret de Namibie [2] : Pour deux mines namibiennes qui produiraient 5 750 tonnes d’uranium par an, il faudrait 15 millions de tonnes de minerai et plus de 550 000 tonnes d’acide sulfurique. Sur cette base nabimienne, très approximativement :

Les 47 731 tonnes d’uranium produites mondialement en 2020 [3] auraient nécessité :
- le concassage 125 millions de tonnes de minerai et,
- l’utilisation de 4 600 000 tonnes d’acide sulfurique.

Concernant cet acide sulfurique, sa production à un niveau de 4,6 M de tonnes à 100 % nécessiterait : - 1 million de tonnes de soufre – 11,5 M de m3 d’eau – 13,8 milliards de m3 d’air – 207 Gwh d’électricité.

- Les heures de gloire de l’uranium français : les 76 000 tonnes d’uranium qui ont été exploités en France durant 44 ans ont nécessité :
◦ 52 millions de tonnes de minerais qui ont été laissé à l’abandon sur 250 sites dans 27 départements.
◦ 52 millions de tonnes de résidus de traitement
◦ 200 millions de tonnes de « stériles » (roches présentant un taux d’uranium trop faible pour une exploitation industrielle).

- Résidus du traitement du minerai : en France, après séparation des stériles, le minerai était broyé puis traité chimiquement pour extraire l’uranium. Ces opérations étaient effectuées soit en usine soit en tas sur des aires « aménagées ». Après traitement sur ces aires, le « Yellowcake » était récupéré puis restait les résidus de traitement.

- Déclassement : les puits de la lixiviation in situ sont scellés ou bouchés, les installations de traitement sont enlevées et les bassins d’évaporation « revégétalisés » (Sic).
Pour la France, la quasi-totalité des résidus (reSic) produits ont été déposés dans 17 stockages aménagés sur les sites miniers ou à proximité des usines.
Une petite part a également été utilisée pour remblayer d’anciens ouvrages souterrains. Les stockages sont installés soit dans d’anciennes mines à ciel ouvert, soit derrières des digues. Ces stockages sont réglementés en tant qu’ICPE.
Quand l’IRSN nous fait « rêver », l’Institut écrit en effet : « Des terrains directement impactés par l’activité minière (notamment des zones de dépôts de stériles et des mines à ciel ouvert) ont ainsi été rendus à leurs usages initiaux ou affectés à de nouveaux usages. Dans de nombreux cas, il s’agit d’usages agricoles (bois et pâtures en particulier). D’autres types de reconversion sont également répertoriés dans la base de données MIMAUSA :  » […] « des activités de loisir (terrain de chasse, chemin de randonnée, stand de tir, circuit de moto-cross) se sont installées sur certains terrains libérés ; des plans d’eau créés par l’ennoyage de mines à ciel ouvert ont été reconvertis pour des usages de loisir (base de loisir, pêche, plongée) ou à des fins d’irrigation. » […] Avec une modeste précaution signalée par l’Institut « Au cours des procédures qui ont conduit au changement d’utilisation, certains terrains ont été grevés de restrictions d’usage afin de prendre en compte les risques associés aux parcelles » [4]

- Toxicité des produits utilisés :
le péroxyde d’hydrogène : les solutions concentrées provoquent des lésions graves de la peau et des yeux et une importante irritation des muqueuses digestives et respiratoires.
l’acide sulfurique : il est corrosif pour la peau, les yeux, les voies respiratoires et digestives. Des quantités industrielles des résidus des réactions de cet acide se retrouvent abandonnées dans l’environnement,
éléments radioactifs : figés dans la roche depuis toujours, une fois concassés et broyés, ils sont lixiviés par la pluie et dispersés par le vent et contaminent l’environnement. Même appauvris en uranium par rapport aux minerais, les résidus contiennent une radioactivité relativement importante du fait de la présence de l’ensemble des produits radioactifs descendant de l’uranium, comme le radium 226. Après plusieurs mois, les résidus d’extraction se retrouvent toujours avec environ 70 % de la radioactivité du minerai d’origine !Quelques éléments parmi ceux dispersés par l’extraction de l’uranium et la réalisation du « Gâteau jaune », (« Yellowvcake » ) : - uranium 235, 238 - thorium 227, 230 - radium 223 - radon 219, 222 reconnu comme cacérogène depuis 1988 - polonium 215 . Chacun d’eux ayant une cible biologique particulière (cœur, muscles, reins...) ils affectent les riverains de toutes sortes de maladies mais il n’y aura pas d’étude épidémiologique. Les hôpitaux nigérien, financés par Areva, permettent même d’exhonérer le nucléaire de sa responsabilité.( https://www.liberation.fr/grand-angle/2005/03/09/niger-la-loi-de-l-uranium_512203/ )
La souffrance et la mort de centaines de milliers de personnes de tous ages, affectées par l’activité des mines d’extraction et de concentration de l’uranium, ne seront jamais inventoriées et donc jamais corrélées à l’activité nucléaire. A travers ses multiples vassaux, parmi lesquels de nombreux médecins et professeurs qui trahissent leur serment d’hypocrate, le nucléaire criminel continuera comme aujourd’hui à s’afficher salvateur de l’humanité.

- Des victimes de l’exploitation de l’uranium :
les travailleurs des mines : voir le film « URANIUM EN LIMOUSIN » de Thierry Lamireau : htps ://www.youtube.com/watch?v=3ChXzVv1lmk
les riverains exposés à l’irradiation externe et à la contamination interne :

Au Gabon :

















https://www.dailymotion.com/video/xbf99q

Au Niger, à Arlit : « Mais l’inquiétude demeure dans
cette ville de 140 000 habitants où les populations sont "exposées de manière chronique depuis l’enfance", affirme Bruno Chareyron, directeur de la Criirad.
L’organisme indépendant a conduit une mission sur place en 2003 et continue depuis la surveillance. "On a constaté une exposition permanente de la population à la radioactivité par les poussières radioactives, par le gaz radon, par des textiles contaminés qui sont en vente sur les marchés. Il y a des matériaux radioactifs dans les rues. Certaines maisons ont même été construites avec des matériaux radioactifs", rapporte Bruno Chareyron. » 
https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/exploitation-de-luranium-au-niger-nous-avons-herite-de-la-pollution-durable_2378413.html


Publié le jeudi 28 juillet 2022.