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URGENCE CLIMATIQUE



Enquête publique sur la 3ème ligne de métro




Contribution à l’Enquête publique sur TOULOUSE AÉROSPACE EXPRESS - CONNEXION LIGNE B (TAE-CLB)

Pour l’abandon du projet

A l’heure où le réchauffement climatique et les enjeux environnementaux sont à l’agenda des États, les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées ne peuvent que demander l’abandon du projet de la troisième ligne de métro (TAE). Il permet seulement freiner la croissance de l’usage de la voiture individuelle en cœur d’agglomération. Il nécessite d’un coté une densité urbaine verticale non souhaitée par les toulousain-e-s autour des stations et il n’offre pas d’alternative à la poursuite d’un étalement lourd de conséquence en périphérie de l’agglomération.

Du fait de l’urgence sanitaire, de l’urgence de la lutte contre la pollution des transports et de l’urgence de l’engagement contre le réchauffement climatique, les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées demandent que le projet de 3ème ligne de métro soit abandonné et que son financement serve à mettre en place rapidement un réseau de bus, tramway et RER maillant toute l’agglomération.

Objet

Ce document est la contribution des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées à l’enquête publique unique pour l’opération Toulouse Aérospace Express et l’opération Connexion Ligne B et les mises en compatibilité des documents d’Urbanisme afférents.

Un réseau ambitieux de transport en commun plutôt que la TAE

Pour les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées, à partir de l’exemple d’autres agglomérations comparables, seul le maillage du cœur d’agglomération par une armature bien plus conséquente de bus LINEO ou de tramway peut permettre un usage massif des transports en commun, et donc diminuer fortement l’usage contraint de la voiture.

Pour répondre efficacement aux besoins des villes de 2ème couronne, l’exemple de Montpellier et Bordeaux qui étendent une armature de tram train sur leur périphérie doit guider notre collectivité.

Le modèle des métropoles de plusieurs millions d’habitants ayant un métro comme Paris, Lyon ou Amsterdam et qui développent un RER d’agglomération l’est tout autant.

Un RER d’agglomération et un maillage complet de l’agglomération par des bus LINEO et des tramways lorsque que la fréquentation le nécessite sont impératifs. En l’absence de financement immédiat de ces infrastructures, la ligne TAE apporterait une amélioration largement insuffisante pour un endettement exorbitant.

Une agglomération toulousaine déjà dans le rouge en terme de déplacement

Le bilan d’une politique des transports en commun basée sur l’investissement massif sur les lignes de métro A et B a pour en corollaire un faible investissement sur les transports en commun de surface tels que bus en site propre, tramways et train d’agglomération. La circulation automobile n’a fait que croître ces trente dernières années du fait de la faiblesse du maillage en transport en commun, et d’autant plus que l’on s’éloigne des stations du métro vers la périphérie.

Si les 1,1 millions d’ habitant-es de l’agglomération sont englué-es dans les embouteillages, c’est bien parce que 67% des déplacements se font en voiture. C’est le taux le plus élevé de France et pourtant le réseau TISSEO est le troisième réseau de transport urbain de France. Ce décalage s’explique par la part très faible des déplacements doux (marche et vélo). On ne le doit ni au climat ni au relief de l’agglomération mais bien à son réseau routier très développé qui favorise l’usage de la voiture. Cela va de pair avec un étalement urbain de plus en plus étendu et l’installation en périphérie de plus en plus éloignée de centres commerciaux et de zones d’activités de plus en plus grands. En conséquence, emplois et commerces désertent le cœur de l’agglomération du fait d’une offre trop faible de services de proximité, de transports en commun ainsi que de voies piétonnes et cyclables .

Une agglomération toulousaine déjà dans le rouge en terme de santé publique

Au temps perdu dans les embouteillage, en voiture ou en bus, s’ajoute la fatigue, les risques d’accidents, le gaspillage de carburant, et la pollution de l’air avec ses conséquences environnementales et sanitaires. Elle est ainsi responsable, selon l’Institut de Veille Sanitaire, de la perte de 4,2 mois d’espérance de vie pour les Toulousain-es.

Une agglomération toulousaine déjà dans le rouge en terme de réchauffement climatique

L’agglomération toulousaine n’arrive plus à réduire ses émissions de gaz à effets de serre dues à aux transports du fait des déplacements individuels en voiture, surtout en périphérie.

Une agglomération toulousaine déjà dans le rouge en terme d’endettement

Le SMTC a encore un endettement supérieur au milliard d’euros qui complique les investissements à réaliser à court terme.

Un plan mobilité 2030 à contre courant

Le SMTC a adopté en 2002 un premier Plan de Déplacement Urbain (PDU) portant sur la réalisation de la ligne B, d’un réseau de TCSP (Transports en commun en site propre) et un réseau cyclable. Au delà de la ligne B et de la ligne de tramway, les autres engagements n’ont guère été tenus.

Le SMTC a adopté en 2012 un nouveau Plan de Déplacement Urbain (PDU) rejoignant la logique des autres villes européennes comparables en optant pour un (timide) réseau de tramway, de bus en site propre et de voies cyclables en surface. La première ligne de tramway a été légèrement prolongée et le réseau vélo renforcé.

Fin 2017, le projet de mobilité 2030 valant PDU revient sur la logique de l’appropriation de l’espace public par les transports en commun et les modes doux. Il se résume principalement par la troisième ligne de métro enterrée TAE avec ses connexions et dix lignes de bus prioritaires dites LINEO pour desservir le reste de l’agglomération.

Un mode de transport inapproprié à la typologie de l’agglomération

Les études de mobilité indiquent que l’agglomération de Toulouse est trop étalée et pas assez peuplée pour un mode de transport aussi onéreux qu’une troisième ligne de métro. Les expériences d’autres agglomérations comparables en Europe montrent que l’amélioration des déplacements passe par des transports en commun en surface, et la requalification des espaces publics. La diminution des embouteillages passe par la réalisation rapide d’un réseau de tramways, bus et voies cyclables, même si des voies de stationnement ou de circulation sont prises à la voiture.

Le projet de 3ème ligne de métro TAE s’étire sur plus de 26 km afin d’assurer une desserte de Labège et Colomiers. Il en résulte un coût officiel de plus de 2 milliards d’euros et un délai de réalisation d’au moins 6 ans. Financièrement, comme l’a souligné la cour des comptes régionales pour la ligne B, le remboursement d’un tel emprunt devrait réduire considérablement les capacités d’investissements pour longtemps.

Un effet faible sur un usage déjà faible des transports en commun

Pour les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées, la ligne TAE ne devrait améliorer les déplacements qu’au cœur de l’agglomération et autour des stations de Colomier et Labège. La densité des lignes LINEO n’est pas suffisante pour répondre aux besoins des autres habitant-es de la 1ère couronne et sans effet pour ceux de la 2ème couronne.

L’investissement massif dans le projet de la 3ème ligne de métro et ses connexions implique un désengagement pour les secteurs non desservies ainsi que pour les autres modes de déplacement : bus, vélo, tramway , train d’agglomération.

Un effet faible sur une pollution déjà forte

La saturation des rocades ne pourra que croître le temps de réaliser la ligne TAE et risque de le rester après. Le projet de la 3ème ligne de métro n’est pas à la hauteur de l’enjeu des maladies chroniques et des décès générés par la pollution urbaine. Les habitant-es de l’agglomération subiraient une augmentation des gaz à effets de serre, la dégradation de la qualité de l’air, de la santé, de la sécurité, la saturation croissante des périphériques et des pénétrantes…

Un parti pris architectural incompatible avec la typologie de Toulouse

Le modèle urbain et architectural sous-tendu par la troisième ligne de métro est celui d’une forte densification verticale autour des stations de métro. C’est sur ces prémisses qu’un projet dense de tours et de barres d’immeubles est proposé pour le projet TESO. Avec une hauteur de plus de 150 m, la Tour Occitanie attenante à la gare serait le premier gratte-ciel de Toulouse, en initiant une rupture historique avec la hauteur modérée de l’agglomération toulousaine. Cette urbanisation verticale est en totale contradiction avec les concertations préalables qui ont montré qu’il existe une forte volonté pour continuer de bâtir une ville à visage humain, conviviale, avec une identité urbaine et architecturale propre à notre cité historique, selon un modèle urbain intégrant les dimensions écologiques et sociales de ce siècle.

Une incohérence assumée entre le PLUiH et la TAE

Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées dénoncent l’incohérence du PLUiH récemment voté qui reporte à 2020 la prise en compte du projet de 3ème ligne de métro. Ainsi, les autorités votent tout à la fois pour un projet de 3ème ligne de métro qui est justifié par un afflux d’usagers par la construction d’immeubles autour des stations de métro et un projet de PLUiH qui n’incluent pas la construction de ces immeubles, en dehors du projet TESO autour de la station Marengo SNCF.

Les propositions des Amis de la Terre de Midi-Pyrénées

Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées demandent que le projet de la troisième ligne de métro soit abandonné.

Un réseau de bus performant maillant toute l’agglomération est la solution la moins chère pour développer les transports en commun. Elle nécessite un partage fort de la voirie. Elle permet une autre perspective urbaine :
- un réseau maillé de Bus, tramway et les lignes A et B du métro permettrait une densification douce du bâti existant autour des centaines d’arrêt du réseau.
- un train d’agglomération de type RER permettrait une densification modérée autour des dizaines de gare de l’étoile ferroviaire toulousaine, et offrirait une alternative à l’étalement urbain,

Jusqu’au 18 juillet, tous les Toulousains peuvent donner leur avis et leurs suggestions. la consultation est ouverte dans les communes de Blagnac, Colomiers, Labège, Ramonville St Agne, et Toulouse. Il est possible de prendre connaissance des modalités de l’enquête publique et de consigner ses observations et propositions sur le registre dématérialisé mis à la disposition à l’adresse suivante :
https://www.registre-numerique.fr/enqueteTAE-CLB


Publié le vendredi 28 juin 2019.