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Sur les traces du premier simplicitaire volontaire : un Yankee Français au Canada




Par Jean Cloutier, des AmiEs de la Terre Québec

En avril dernier, j’ai présenté à Toulouse, à l’invitation des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, et en première dans l’Hexagone, le film documentaire « Le Bien-vivre simplicitaire : d’un café à l’autre » qui a été suivi d’un café philosophique. Ce film a montré une des personnalités modèles à suivre qui pratiquait déjà la simplicité volontaire, il y a plus de 150 ans.

« L’art de vivre avec moins est un mode de vie où chaque personne part d’un point différent pour arriver là où bon lui semble, se fixant elle-même ses propres objectifs, au rythme qui lui convient personnellement », comme le stipule la brochure Saluterre # 114 des Amis de la Terre Belgique, coprésidé par Ezio Gandin et rédigée par Muriel Lescure.

Pionnier de la simplicité volontaire

A la recherche de personnalité modèle exemplaire d’il y a belle lurette, il est bon de se rappeler l’œuvre dudit premier simplicitaire volontaire ayant vécu pleinement sa sobriété des plus heureuses et surtout dans la nature, comme ami réel de la Terre, et ce, autonome dans une mini-maison construite par lui-même le long d’un étang, en protégeant ses arbres, sa biodiversité, marchant tous les jours, idéalement quatre heures...avec son carnet de notes.
Ce vrai Yankee natif de Concord, Massachusetts, en plein cœur de la Nouvelle-Angleterre puritaine au temps des Lumières, se disait humaniste universel fièrement d’origine française.

C’est bien ledit premier écologiste politique ! L’aviez-vous deviné ? … Henry David Thoreau.

Une vie d’ermite ouvert

Personnage tellement méconnu au Canada et en France que le Groupe de simplicité volontaire de Québec et les AmiEs de la Terre de Québec se sont donnés mutuellement comme mission de le faire connaître par ses œuvres et par des activités ludiques ou artistiques, au Québec et à l’étranger. Allons voir son œuvre qui inspire un Cercle de lecture Thoreau à lancer en automne 2017 à Quebec !
Thoreau est surtout connu dans son pays natal comme l’auteur de « Walden ou la vie dans les bois » (1854), mais aussi en dehors des États-Unis d’Amérique pour « La Désobéissance civile » (ou la résistance passive préférait-il lui-même le spécifier). Philosophe et essayiste nord-américain diplômé de Harvard en 1837, il attachait peu d’importance à sa scolarité, quand bien même elle lui avait permis d’accumuler un immense savoir dans plusieurs langues et sur toutes les religions autres que chrétienne, pratiquant le bouddhisme et la méditation avant l’heure.
Après ses études, il a très brièvement enseigné dans une école publique, mais, refusant de donner des châtiments corporels aux élèves, il a cessé d’enseigner trois semaines plus tard et a fondé avec son frère aîné John, la première école privée alternative en Amérique du Nord.
Au décès prématuré de son frère, il se réfugia le long d’un étang à Walden pour écrire en ermite...ouvert sur le monde !
Poète transcendantaliste héritier des Lumières d’Europe, voulant démarrer un tel mouvement d’intellectuels typiquement américain (avec Ralph Emerson comme leader), pratiquant davantage de longues marches en forêt d’inspiration méditative pour la découverte de la nature ambiante environnante, il fut un orateur peu à l’aise mais très écouté, réputé et jugé drôle par sa franchise et sa spontanéité. Malgré son humour caustique, il fut toujours considéré comme un sage par son entourage et les intellectuels de son temps. Marcheur parmi les marcheurs, Henry David a aussi a été un grand naturaliste dont le journal annoté de dessins et pensées n’a pas encore été publié en son entier (notamment des milliers de pages sur les Amérindiens et leurs comportements simplicitaires exemplaires). Après son étude sur les Amérindiens, dont il a longuement étudié l’histoire, les mœurs et la sagesse, il a été le plus grand explorateur de nos forêts nord-américaines, fasciné par les coureurs des bois canadiens comme ceux qu’il relate dans « Maine Woods » (les forêts du Maine) (1864).
C’est Emerson qui lui a cédé ce petit bout de bois au bord du lac Walden où le jeune Thoreau (il a alors 28 ans) a construit avec l’aide de ses amis la cabane qui va lui servir de domicile pendant deux ans, deux mois et deux jours. A deux miles de marche des biscuits de sa mère...et de son pain aux raisins !

La simplicité volontaire avant la lettre ?

Arpenteur-géomètre de profession, travaillant six semaines par an seulement pour payer le strict nécessaire, il vivra dans la simplicité volontaire toute sa vie, chez les uns ou les autres.

Son œuvre la plus classique et recommandable en tant que critique averti du monde occidental et premier penseur écologiste, est sans aucun doute « Walden ou la vie dans les bois », qui ne sera publiée qu’en 1854, longtemps après qu’il ait quitté sa cabane. Son récit offre à tous ses réflexions sur une vie simple et en harmonie avec les rythmes de la nature, loin des tentations de la société consommatrice. Il y est très critique à l’égard de la politique américaine et de son ère industrielle productiviste. Cette ère naissante en banlieue de Boston, rend les ouvriers esclaves de leur temps. Ils deviennent alors dépendants de la croissance et de la consommation, pour ne se consacrer qu’au productivisme. Pourquoi, disait-il, regarder la forêt et ses arbres en termes de planches et non pour sa beauté majestueuse et la valeur de l’arbre et ses bienfaits...dans la nature ?

David Henry Thoreau au Québec

C’est ainsi qu’il va publier « Un Yankee au Canada » (1866), un récit de voyage faussement touristique, surtout naturaliste et assurément politique. Dans sa marche partant du Vieux-Québec jusqu’aux aux chutes Sainte-Anne, dormant à mi-chemin chez l’habitant ou au banc des quêteux, Thoreau décrit les Canadiens-français comme des Français d’origine vivant tels des colons ancestraux Ils pratiquent des méthodes de travail des champs dépassées dans le monde industrialisé des jeunes États-Unis d’Amérique. Il vilipende les manières d’il y a 300 ans où l’on vit à un rythme de vie dépassé, jugé arriéré pour l’époque.
Cet ouvrage pro-américain permet de reconnaître à cet étonnant penseur du XIXe siècle un sens critique acerbe et un don inné de naturaliste très éclairé. Ce conférencier devenu essayiste démontre qu’il est capable de voyager efficacement en se faisant héberger gratuitement en famille, et surtout de faire sentir son talent suprême à décrire un lieu sans filtre et en toute honnêteté de pensée. La pensée de changer volontairement son mode de vie n’est pas d’hier. La plupart des grands philosophes depuis toujours cherchaient le bonheur dans leurs dissertations, leurs actions et leurs écrits. Dépourvus de biens, ils créaient plus de liens. Entre eux-mêmes. Thoreau offre de vivre simplement et le fait connaître à tous pour tous !
N’est-il pas normal de se questionner sur l’héritage que ces philosophes ont transcendé depuis lors ? Ne faut-il pas se souvenir des personnages modèles exemplaires ? Une marche à suivre. Méditons pour éviter l’ivresse du voisinage, mangeons sainement comme premier médicament et entourons-nous de pensées positives pour s’auto-protéger contre le cortisol d’autrui préservant ainsi sa dopamine.

Pour de plus amples renseignements sur HD Thoreau, voir le site du Groupe de simplicité volontaire de Québec :
- Lecture théâtrale : « Une causerie avec Thoreau » http://gsvq.org/2016/06/lecture-theatrale-une-causerie-avec-henry-david-thoreau/
- la marche-conférence-guidée du 30 sept. au 1 er octobre 2017 sur les traces de Thoreau http://gsvq.org/event-items/marche-2017-sur-les-traces-de-thoreau/
- le Cercle de lecture Thoreau débutant vendredi midi 29 septembre http://atquebec.org/events-page/nos-evenements/


Publié le vendredi 15 septembre 2017.